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LE DARFOUR: UN APERÇU

Origine du conflit    |   Statistiques
Les forces du maintien de la paix sur le terrain
Attaques des populations civiles
Les conditions de vie dans les camps
Les problèmes de sécurité des organismes d'aide humanitaire
Le processus de paix   |   La Chine et le Darfour
La Cour pénale internationale (CPI) et le Darfour
La Responsabilité de protéger et le Darfour

Origine du conflit

Depuis plus de 4 ans, la région du Darfour, au Soudan, est aux prises avec un conflit qui oppose les populations africaines locales au gouvernement soudanais et à ses milices djandjaouids. Bien que le conflit se soit amorcé en réponse à l’attaque de cibles gouvernementales et au sous-développement chronique au Darfour, les populations civiles ont rapidement été victimes d’une recrudescence de la violence dans la région, le gouvernement menant des attaques à grande échelle, violant plusieurs lois fondamentales du droit international.

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Statistiques

On compte déjà plus de 300 000 morts et 2,5 millions de personnes déplacées, expulsées de leur demeure avec pour seul bagage les vêtements qu’ils portent. Trois millions et demi de Darfouriens dépendent toujours de l’aide internationale pour leur survie quotidienne; à cet effet, l’ONU a qualifié la situation au Darfour de « pire crise humanitaire au monde à l’heure actuelle ». Le conflit s’étend désormais au-delà des frontières du Soudan, jusqu’au Tchad et à la République centrafricaine. La paix déjà fragile, négociée entre le Sud-Soudan et le Nord-Soudan en 2005 après plus de 21 ans de guerre civile, est compromise à nouveau.

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Les forces du maintien de la paix sur le terrain
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La force de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) au Darfour compte présentement un effectif de 7 000 personnels sur le terrain; elle fait face à une pénurie de fonds et de ressources pour patrouiller le Darfour, une région de la taille du Manitoba. Le 31 juillet 2007, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution autorisant l’envoi d’un effectif militaire de 19 000 personnels qui s’ajouteront à ceux de l’UA déjà en place, mais même les plus optimistes reconnaissent qu’il faudra un certain temps avant de ne voir les suppétifs de la force hybride au Darfour. Le déploiement pourrait être retardé indéfiniment si les pays donateurs ne fournissent les troupes et les ressources nécessaires à une telle mission ou si le gouvernement du Soudan en retarde le processus.

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Attaques des populations civiles
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Les soldats soudanais et la milice djandjaouid ciblent les populations civiles en menant une campagne de « brûlage et pillage » sur les villages darfouriens. Leur stratégie consiste à bombarder les villages à partir d’hélicoptères gouvernementaux, pendant que les Djandjaouids attaquent les mêmes villages à dos de cheval ou de chameau sur la terre ferme. Les hommes sont tués, tandis que les femmes ou enfants, ce dès l’âge de 8 ans, sont victimes de viols collectifs ou de mutilations corporelles. Les survivants doivent pour survivre s’enfuir dans des camps pour personnes déplacées (IDP) au Soudan ou dans des camps de réfugiés au Tchad, sans même savoir ce qui adviendra de leur famille, amis et proches. Une fois les attaques terminées, les villages sont brûlés et pillés, ceci afin d’anéantir toute chance de retour pour les villageois.

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Les conditions de vie dans les camps
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Les camps de réfugiés et pour personnes déplacées ne sont que des camps de fortune, où la nourriture et les ressources essentielles sont rares, et la sécurité de ses habitants est loin d’être garantie. Leurs refuges sont construits à partir de détritus; leurs rations de nourriture quotidienne se situe bien en deçà des normes préconisées par l’ONU; sans compter l’accès à l’aide humanitaire, à la nourriture et aux soins médicaux, souvent limité ou les livraisons tout simplement pillées, privant du coup les personnes déplacées de leurs besoins essentiels. Les femmes et les enfants qui quittent les camps à la recherche de bois à brûler ou de provisions sont violés régulièrement, retrouvant leurs agresseurs parmi eux à leur retour aux camps, ceux-ci s’y promenant impunément. Bien que les déplacés et les réfugiés aimeraient retourner chez eux, ils ne peuvent le faire, car ils y seraient en plus grand danger. Règle générale, plus les personnes déplacées ont quitté leur demeure depuis longtemps, moins il y a de chances qu’ils n’y retournent.

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Les problèmes de sécurité des organismes d'aide humanitaire
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Plusieurs organismes humanitaires ont été forcés de réduire leurs activités ou de se retirer de la région, malgré leur travail essentiel sur le terrain. Les Djandjaouids et le gouvernement attaquent régulièrement les travailleurs humanitaires et leurs enceintes. Dû à ces dangers, les organismes d’aide humanitaire ne peuvent se rendre dans certains secteurs, ce qui prive l’accès à l’aide humanitaire à plus de 300 000 civils au Darfour. En avril 2007, l’ONU émit une mise en garde à l’effet que l’aide humanitaire au Darfour pourrait très bien s’effondrer complètement, laissant des millions de personnes sans accès aux provisions essentielles à leur survie.

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Le processus de paix
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L’Accord de paix du Darfour (DPA) a échoué dans sa tentative de mettre fin au conflit et d’assurer une paix durable. Un seul des douze groupes rebelles a signé l’Accord, ce qui vraisemblablement, n’aborde aucune des griefs des autres groupes. Depuis la signature de l’Accord, la violence n’a cessé de s’intensifier; la scission des factions, les discordes internes et le banditisme ont compliqué les pourparlers de paix entre les groupes rebelles, comme l’ont faits les bombardements de leurs lieux de rencontre par le gouvernement soudanais. Plus récemment, les négociations entre les groupes rebelles se sont soldées par des accords de principe, mais les détails de ceux-ci, de même que les problèmes internes des rebelles, ne sont pas près d’être réglés, ce qui retarde les négociations avec le gouvernement du Soudan. Pour voir le conflit se terminer, il faut que le processus de paix soit entamé.

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La Chine et le Darfour
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La relation économique entre la Chine et le Soudan a rendu difficile l'adoption des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU comprenant l'échéancier, les points de repère et les conséquences de leur non-respect. L'économie soudanaise est basée sur le pétrole et la Chine en est l'acheteur principal. La Chine a exercé son droit de veto au plus important organe de l'ONU à plusieurs reprises pour réduire la portée des résolutions, ce qui retarde le déploiement des Casques bleus de l'ONU en terre soudanaise.

Depuis quelques mois, la Chine a cependant cessé de protéger inconditionnellement le Soudan d'une intervention internationale au Darfour, tel que démontré lors de l'adoption de la résolution du 31 juillet 2007 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui autorise le déploiement d'un effectif de 26 000 personnels au Darfour. La Chine a subi énormément de pression pour changer de politique face au Soudan depuis que les groupes de sensibilisation, les célébrités telle Mia Farrow et les gouvernements partout dans le monde se sont ralliés pour la convaincre d'exercer son influence au Soudan. L'idée de faire le lien entre le conflit au Darfour et les Jeux olympiques de Beijing l'an prochain, lorsque les feux de l’actualité seront braqués sur la Chine, s'est avérée une stratégie des plus efficaces.

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La Cour pénale internationale (CPI) et le Darfour
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Le 31 mai 2005, le Conseil de sécurité de l'ONU renvoie la situation au Darfour à la Cour pénale internationale, organe judiciaire indépendant de l'ONU, qui juge les crimes les plus graves commis par les individus : les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les génocides. En mai 2007, la Cour a émis deux mandats d'arrêts internationaux contre des Soudanais : Ahmed Haroun, actuel secrétaire d'État aux Affaires humanitaires et ancien responsable soudanais de la Sécurité au Darfour; et Ali Kushayb, le leader de la milice Djandjaouid. Les deux sont recherchés pour 42 et 51 chefs d'accusation respectivement, pour les crimes commis par des milices et les attaques perpétrées sur des villages habités par des populations civiles, en 2003 et en 2004. Le Soudan ne coopère pas à l'enquête et a refusé d'arrêter les accusés, prétextant la définition même des crimes reprochés qui, selon le gouvernement soudanais, n'est pas sous juridiction de la CPI. La résolution 1593 de l'ONU renvoyant la situation au Darfour à la CPI exige pourtant la coopération du Soudan.

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La Responsabilité de protéger (R2P) et le Darfour
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En septembre 2005, l’assemblée générale de l’ONU adopta la doctrine Responsabilité de protéger, qui donne le mandat à la communauté internationale de protéger les civils victimes d’exactions lorsqu’un état souverain est incapable ou refuse de le faire.  L’adoption d’une telle doctrine, appelée R2P, fut le moyen que prit la communauté internationale pour éviter que ne se reproduisent des tragédies comme celles du Rwanda ou de l’ex-Yougoslavie au milieu des années 1990, alors que les populations locales avaient été victimes d’attaques organisées par leurs propres gouvernements. La Responsabilité de protéger permet à la communauté internationale d’intervenir dans des circonstances exceptionnelles, là où la souveraineté des États indépendants les protégerait contre toute intervention extérieure.

Bien que le conflit au Darfour remplisse toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre de la doctrine, l’ONU et l’ensemble de la communauté internationale ne l’ont toujours pas invoqué pour protéger les populations civiles au Darfour. La communauté internationale ne semble pas vouloir intervenir au Darfour sans le consentement du gouvernement soudanais, malgré sa promesse d’invoquer les dispositions de la doctrine pour prévenir d’autres tragédies telles que celles vues au Rwanda et en ex-Yougoslavie.

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